Je suis

Publié le par almanito

Je suis le revers maudit de la médaille,
Le reproche silencieux de vos miroirs,
Le négatif des clichés ratés,
L'ambassadeur des bas-fonds,
L'obscure culpabilité qui ronge le bitume
Je suis votre ombre dans les vitrines de lumière.

Ni poète ni philosophe, ne croyez pas,
Je suis la racine de vos pas et de vos peurs
De vos chutes et de vos questions informulées
Dans les prismes de mon litron,
Vos silhouettes déformées
Eclatent en divagant sur l'asphalte.

On se ressemble, vous et moi,
Châteaux de cartes improbables
Dont les pans s'écroulent et s'enlisent dans les sables mouvants,
Mêlant fragrances de luxe et remugles de vinasse.
Tous tristes clowns, tous Charlot, et pourtant,
Je suis....... oublié.






Je suis

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Jonas D. 04/02/2015 12:05

Nous sommes tous nos insuffisances. Et la terre tourne... et nous sommes ce que nous en faisons.

De retour Almanito, c'est sympa... Jonas

almanito 04/02/2015 12:23

Ce que nous en faisons, hé oui....
Merci Jonas

les cafards 03/02/2015 09:54

très beau texte si vrai !

almanito 03/02/2015 12:30

Hélas (pour "si vrai")

Cardamone 02/02/2015 22:30

Bravo Almanito! C'est fort, juste, nécessaire. Et terrible comme les rassemblements en mémoire des morts de la rue par ex attirent peu de monde!

almanito 02/02/2015 22:34

L'indifférence pour certains et la peur pour d'autres, c'est comme ça...on préfère ignorer.

Elsaxelle 02/02/2015 21:28

Un retour en force. Des lignes poignantes pour une situation émouvante.

almanito 02/02/2015 21:41

Merci Elsaxelle

saravati 02/02/2015 12:51

Je me suis toujours demandé en voyant ces oubliés si présents : et s'ils racontaient leur histoire...
car nul n'est à l'abri de la précarité. Mais je respecte leur pudeur... qu'ont-ils de différent si ce n'est leur refus silencieux.
Merci Almanito pour ce beau texte qui fait réfléchir à défaut de réchauffer les coeurs.

almanito 02/02/2015 13:06

Certains racontent, un peu, au bout d'un long travail de mise en confiance. C'est ce que fait Pascale Madeleine sur son blog (que tu connais peut-être, en tout cas il est dans mes "incontournables") qui parvient à bien les connaître et à les sortir de l'ombre.

Pascale MD 02/02/2015 12:43

Coucou,
C'est fou, les personnes qui réagissent comme tu vient de le faire ne sont jamais celles à qui je pense. Cela doit prouver une certaine capacité à se remettre en question, et non rassure toi, ce n'est certes pas à toi que j'ai pensé lorsque j'ai écris ce texte.
Ensuite, curieusement, ce sont les gens discourtois qui vont me dire qu'ils sont totalement en accord avec mes propos (enfin la majorité), ceux là ne se sentent pas concernés le moins du monde.
Rassures toi, tes commentaires montrent toujours l'intérêt que tu portes a ce que tu viens voire ;-)
Merci pour ça.
Je te souhaite une bonne journée ;-)

almanito 02/02/2015 13:01

Merci Pascale. Je me sens toujours concernée parce que j'ai toujours peur de blesser involontairement. Donc, oui, je me remets facilement en question, c'est la moindre des choses de s'adapter aux codes de chacun, une forme de courtoisie en quelque sorte.
Pendant que j'y suis je t'explique pourquoi je ne commente jamais ou presque tes séries panoramiques avec le procédé spécial: ce sont mes yeux qui me jouent des tours et provoquent un malaise proche du vertige. Tu vois, pas d'hypocrisie:)
Merci d'être revenue, j'aime bien quand tout est clair et pour finir... je ne te "bisouille" pas:))

Pascale MD 02/02/2015 12:46

Ah oui, et les bisouillages n'ont rien à voir avec la courtoisie ! hihihi

emma 02/02/2015 09:36

pour paraphraser Aragon " déjà vous n'êtes plus que pour avoir été..."
C'est une dame sur ta photo, non ? la culpabilité est trop dure à assumer pour les individus alors que la responsabilité est collective, alors on regarde ailleurs comme devant tout ce qui est insupportable

almanito 02/02/2015 11:31

Je pense aussi que c'est une dame. C'est vrai que j'aurais plus facilement mis un homme (?) mais je tenais au panneau ajouté puisque nous revendiquons tous "être....... quelqu'un".
Responsabilité collective, bien sûr, ce qui n'empêche pas notre sentiment de culpabilité parce que après tout, nous les "nantis" ne descendrons jamais en masse dans la rue pour revendiquer haut et fort une solution pour eux.

Carole 02/02/2015 01:05

Oui, changer trois lettres c'est montrer l'envers de nos bons sentiments. Un très beau poème, sur une dure réalité.

almanito 02/02/2015 07:18

Merci Carole

CathyRose 01/02/2015 21:52

On se sent tellement impuissants parfois ... Juste à côté de chez moi il y a un ancien hôtel où sont logés des sans abri, c'est la municipalité qui paye les chambres. Quand je suis dans mon jardin parfois je discute avec eux, ils ne demandent pas grand-chose, juste un peu de chaleur humaine !
Très belle soirée, bisous !
Cathy

almanito 01/02/2015 22:13

Et je suis certaine qu'ils t'apportent autant que tu leur donnes, merci Cathy

PARADISALIA 01/02/2015 20:19

Un retour émouvant...depuis la nuit des temps il existe ce gouffre entre les riches et les pauvres...Nous somme bien démunis mine de rien devant tant de malheur...Je t'embrasse Almanitoo

almanito 01/02/2015 22:12

Jamais les gens n'ont été aussi riches tandis que jamais d'autres n'ont été aussi pauvres...

Louv' 01/02/2015 20:02

Bon retour Alma ! Et quel retour !
Ces personnes sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus visibles, comment pourrait-on les oublier ? Non, si beaucoup détournent le regard, c'est parce-que la peur les tenaille. La peur de chuter au même niveau, comme si c'était contagieux. Quant aux politiques...ceux-là comptent sur les associations !
PS : très jolie ta nouvelle bannière

almanito 01/02/2015 22:09

La peur, oui bien sûr. C'est pas contagieux mais je crois que nous avons presque tous conscience maintenant qu'il est très facile de chuter comme eux...
Merci pour la bannière, c'est Katia (In the Mirror) qui a su arranger une photo de ma ville:)

Mina. 01/02/2015 19:47

toutes ces personnes oubliés! l'indifférence elle existe et on est tous fuyants finalement...on ne voit pas et pourtant ! cette misère est là de plus en plus et encore et encore(après une mauvaise semaine(une amie partie'''la haut''' )je me dis ...bof rien...si si je suis contente de ton retour!

almanito 01/02/2015 22:04

On fuit parce qu'on se voit à travers eux sans doute..
Merci Mina et désolée pour ton chagrin

Hervé MARTIN 01/02/2015 19:00

Je n'oublie pas...
Il était flamboyant, dominant, adapté à notre société, étalant sa réussite...mais il avait du cœur, j'appréciais l'être derrière les masques sociaux.
Il m'avait aidé.
Je l'avais perdu de vue.
Un jour, j'ai appris : un divorce, un travail perdu, l'alcool, la solitude, la chute, la mort !
Michel s'est cassé la gueule : une claque...
Je suis devenu attentif aux oubliés, d'une autre manière, plus juste, je pense.

Ton retour a du sens.
Ta littérature à l'estomac sonne juste.
Mettre en mots de si belle façon, c'est donner la parole, c'est tordre le cou à l'oubli.
Entende qui pourra.
Tu fais ta part.
Merci d'être là !
Amitiés

almanito 01/02/2015 19:05

Ton histoire est tout à fait vraie, un enchaînement d'évènements malencontreux et c'est la chute..

Pascale MD 01/02/2015 18:09

Je viens de lire tes commentaires, et oui, heureusement que Scandola est préservée, ce serait vite une poubelle ! Et c'est tellement beau !!!!!!!!
Il faut que je revienne, y'a pas ! ;-)

almanito 01/02/2015 19:03

J't'attends:)

Pascale MD 01/02/2015 18:04

Et bien, ton retour se fait de belle manière, et j'aime !
Oui, il faut dénoncer, et s'il faut culpabiliser, allons y !
Je suis toujours totalement retournée devant ce genre de scène de vie et voir les gens passer comme s'il n'avaient rien vu. Sans même un simple regard de compassion, comme si il ne s'agissait plus d'un être vivant, mais d'un méchant microbe qui risquerait de se propager.
Alors bien évidemment, je ne me sens pas responsable, mais un geste quel qu'il soit, de la solidarité active, et même un sourire, punaise, ça ne coûte rien ou si peu !
Tout mais pas l'indifférence !
Bise et bonne soirée à toi. Savourons la chance que nous avons d'être au chaud et l'estomac plein.

almanito 01/02/2015 18:09

Je ne voulais surtout pas provoquer un sentiment de culpabilité mais seulement le constater. C'est sûr que ce "méchant microbe" se propage vite car il ne faut pas grand chose pour se retrouver à la rue parfois..
Merci Pascale

jackie 01/02/2015 17:09

Heureuse de te retrouver Alma toi et tes mots si émouvants, forts et vrais...
Les riches deviennent de plus en plus riches...et les pauvres.. de plus en plus pauvres..Nous sommes bien démunis face à cela...
Bonne soirée Alma

almanito 01/02/2015 17:16

Heureuse de "revoir" aussi, Jackie. La différence est de plus en plus insoutenable, oui..

cathycat 01/02/2015 15:23

Il est plutôt je crois celui que tout le monde voudrait oublier mais on ne peut pas ignorer la précarité de notre statut et ces êtres atteints au plus profond d'eux-même envoient un reflet que beaucoup préféreraient ignorer... Ce ne sont pas deux piécettes qui vont arranger leur situation. A quand des foyers d'accueil dignes de ce nom ?...
Welcome back Dear Almanito.

almanito 01/02/2015 16:52

Tu as raison, c'est notre propre reflet que nous voyons en eux, d'où ce sentiment de gêne renforcé par le fait que nous sommes assez démunis pour apporter une solution. Ce ne sont pas les piécettes et rares sourires que nous leur accordons... comme tu dis.

caroleone 01/02/2015 15:18

Magnifique....
Un véritable talent et une pointe de mystère qui plane jusque.....
au litron.
Bravo Almanito, je suis heureuse de lire ceci.Et oui les Charlie de la rue, bien, quand on en croise un on ne l'oublie pas.

Bises de caro

almanito 01/02/2015 16:53

Hé hé, contente de te voir là, Caro.
Tous des Charlie-Charlot de la rue oui...

In the Mirror/Katia 01/02/2015 15:08

Un retour émouvant alma avec des mots poignants et si vrais pour ces oubliés de la vie de toutes régions et de tous pays.
Je ne suis guère optimiste, plus le temps passe, plus le nombre de ces malheureux augmente ...
Je t'embrasse

almanito 01/02/2015 16:55

Il augmente, partout. Nous sommes tous concernés et bien impuissants devant cette misère qui prend de l'ampleur....